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03 June 2012 @ 12:06 am
Leave you far behind  

Passage éclair sur le web.

Pas envie de m'étaler sur facebook et cie alors je viens ici.

Je suis vivante. La première semaine a été dure "moralement" (les cadres qui n'arretent pas de hurler, beaucoup d'heures immobiles sous la pluie, beaucoup de temps à attendre à rien faire pour récupérer le matériel et cie, week end de 3 jours en forever alone dans la batiment vide), la deuxième semaine a été fatigante physiquement (courir 4km sous le soleil, marcher des heures en ordre serré, enchainer les cours de 8h à 22h, courir dans tous les sens toute la journée sans avoir le temps de manger/dormir/se laver ou même pisser en paix) mais ça va quand même.  

Le matin on se leve à 5h ou 5h30, selon l'humeur et les habitudes du gradé de semaine, selon si des élèves de notre compagnie ont fait des conneries ou non. On est sensé faire l'extinction des feux à 22h30 mais très souvent on traine jusqu'à 23h, minuit, ou même 1h la première semaine.  Ils nous ont de toute façon prévenus qu'on aurait jamais 7h de sommeil ici, au mieux on peut rêver à 6h de sommeil.
On mange à 7h, 12h30, 18h30, et ça se fait en... disons 15mn, on ne va jamais assez vite pour manger apparemment. Manger aussi vite ça m'en donne des envies de vomir, mais passons.

Ils aiment bien nous donner des challenges, même si je ne sais pas si "challenge" est le mot étant donné qu'on n'a pas vraiment le choix. Du genre "5mn pour monter se brosser les dents, faire les lits au carré, récupérer les musettes"  sachant qu'on est 40 à se bousculer pour monter les 3 étages après avoir engloutis notre repas en vitesse, rien qu'arriver en haut prend la moitié du temps, que les musettes sont dans des placard cadenassés, et faire un lit au carré c'est chiant et précis donc ça nécessite bien 5mn à lui tout seul, et pourtant... il semblerait qu'on puisse toujours repousser les limites de la vitesse XD Et ils font l'inspection des chambres plusieurs fois par jour donc ça a intéret à etre parfait sinon on a droit à un compte rendu et les affaires qui passent par la fenetre!
Sachant qu'on doit aussi faire nos travaux d'intéret général deux fois par jour (du ménage en résumé) il faut d'autant plus se dépecher.

Ca c'est le côté concret. Car malgré tout cela, je suis plutôt bien là bas. Je n'ai pas le temps de réfléchir. Internet ne me manque pas. Et on nous bourre tellement le crâne avec le principe de "cohésion" que effectivement, on n'est jamais seul, ou presque.

Evidemment, les filles sont toujours comères voir même pestes, alors à notre troisième étage exclusivement féminin ça gueule souvent, mais bon. Les garçons sont sympas aussi, même si c'est plus difficile de sympathiser avec eux pour l'instant vu qu'on court dans tous les sens la majeure partie du temps, qu'on doit se taire l'autre, et qu'on est strictement séparés la plupart du temps libre. Mais c'est facile de bien s'entendre avec eux.

Au bout d'à peine une semaine j'avais déja des ennuis. Un type, soit disant champion de judo, qui voulait "me défoncer la gueule ce week end" parce que j'ai légèrement marché sur ses talons dans les rangs (parce qu'il traine!) et qu'il a été vexé que je lui tienne tête jusqu'au bout au lieu de m'écraser comme ses 2-3 cas sociaux de potes.  Au début j'étais déprimée car je me sentais seule contre tous. Puis les gens qui avaient assisté à la scène ont commencé à parler parler parler, et tout s'est répété, et au bout de 2 jours la moitié de la compagnie venait me poser des questions, et m'avouer qu'ils le déteste tous.
Vendredi j'ai du aller rendre compte à la chef à propos de cette altercation, ça s'est plutot mal passé étant donné que ce gros plouc a donné sa version des faits alors que moi je n'ai pas pu donner la mienne. D'après lui j'ai été aggressive, alors que je suis restée calme et polie tout le long, contrairement à lui qui me fait honte quand je pense qu'il a réussis à entrer dans cette école et qu'il vise le même métier que moi, quelle honte qu'une type pareil soit ici, m'enfin... Je n'ai pas besoin de hausser le ton, faire des grands gestes, et ponctuer chaque phrase d'un tas de grossieretés pour donner des arguments virulents moi. Vraiment pathétique...
On s'est donc tous les deux pris un compte rendu à faire pour lundi. Je ne sais pas si c'est la sentence définitive ou si elle attend de les voir pour décider, mais il semblerait que ce soit plutot la première solution. Même au sein d'une école militaire comme celle-ci l'injustice frappe toujours. Voilà ce qu'on récolte à ne pas se laisser écraser comme une pauvre femelle fébrile devant un gros orgueilleux qui se croit important.
           Néanmoins, c'est un mal pour un bien, car à travers cette mésaventure, je me suis rendue compte à quel point beaucoup de personnes me soutenaient. Pleins sont venus me rassurer, me dire qu'ils voulaient eux aussi faire un compte rendu à propos de lui, qu'il avaient été étonnés que je lui tienne si bien tête. J'ai même entendu une conversation dans laquelle une fille racontait qu'un des élèves (parmi les plus costauds de la compagnie, calme, discret, et que je ne connais pourtant pas beaucoup) avait affirmé qu'il allait lui regler son compte s'il me faisait du mal, j'étais trop étonnée. D'habitude les gens viennent plutot assister au spectable de "Moi qui essaye de ne pas me faire regler mon compte", ils n'interviennent surtout pas.


Tout ça pour dire que malgré les difficultés, je n'ai pas peur de retourner à l'école, ni le gros stress qui tord le ventre comme quand je devais aller au lycée, car pour la première fois depuis toute ma scolarité j'ai l'impression de faire partie de quelque chose. Je peux adresser la parole à à peu près n'importe qui dans la classe, tout le monde a la même tenue donc quand on est ridicules on l'est en communauté, je me suis fait plusieurs amis, et si je ne vais pas assez vite pour terminer de ramasser la poussière de ma chambre avant le passage des cadres il n'est pas impossible qu'une fille sorte de nulle part avec un ramasse-poussière pour m'aider (jsuis restée comme une idiote quand c'est arrivée, genre "mon dieu, de l'entraide??!") bref, après toutes les démonstrations de méchancetés auxquelles j'ai pu assister depuis 20 ans, ça me touche vraiment de voir de la cohésion.
Je changerais peut-être d'avis plus tard mais pour l'instant c'est ce que je ressens.

Apparemment lundi nous allons avoir droit à un cours assez mythique, pour résumer, un cours où on rampe dans la boue pendant 2h et où la moitié des gens vomissent d'avoir trop dépassé leurs limites .....euh...j'ai peur là xD





Histoire à part: Comme vous le savez peut-etre il y a quelques mois mon blog, que j'avais depuis 6 ans, a été supprimé. Même si j'ai renoncé à accuser la personne que je présumais coupable, je n'étais pas totalement dupe. Après tout, depuis 6 ans que j'ai ce blog sans le moindre probleme, ça semblait vraiment trop étrange qu'il ait été supprimé pile quand je passe mon mot de passe à quelqu'un pour une "coopération". Puis quand un blog est supprimé/signalé, on reçois toujours un avertissement au préalable, on a une chance de retirer le contenu dérangeant en résumé. Or je n'ai absolument rien reçu, et mon blog n'enfreignait aucune regle, et aucun de mes précédents ou autres  blogs/sites/comptes n'ont jamais eu le moindre problème. Un peu trop de "malheureux hasards" dans cette histoire donc. Comme dirait l'adjudant de compagnie à l'école "Ne me prenez pas pour un jambon!" (cette expression me fait trop rire, même si je n'ai pas du tout intéret à rire lorsqu'il la dit je pense...)
       Je me demande pourquoi les gens s'acharnent-ils à me mentir tout le temps? Je repère la plupart des mensonges tout de suite, mais comme je ne dis rien et laisse les menteurs continuer dans leurs délires tant qu'ils ne font pas de mal, ils s'imaginent que je ne me rend compte de rien et finissent par dépasser les bornes. On est vraiment obligés d'etre méchants pour etre respectés?
Mais bon, une fois que je serais retournée à l'école j'oublierais probablement cette histoire et tout ce qui est virtuel me semblera lointain et futile.

D'ailleurs, à ce propos, c'est fou comme cette école me fait perdre tous mes repaires spacio-temporels. Au bout de 2-3 jours j'avais déja l'impression d'etre là depuis longtemps, des fois j'ai l'impression que rien d'autre n'a jamais existé et que je suis là depuis des mois, je n'ai pas le temps de penser à mes projets personnels, les premiers jours j'oubliais un peu où j'étais parfois, tellement c'est un autre monde de tout ce que j'ai connu jusqu'à maintenant, même si on s'imagine pleins de choses avant de partir, ce n'est jamais vraiment pareil dans la réalité;  et je me disais parfois aussi "Mais...quand même... comment j'ai fais pour arriver ici moi?". C'est assez étrange comme sensation. Mais je me suis vite habituée, maintenant il n'y a que quand je me retrouve seule dans la chambre vide sans contact avec le monde extérieur pour le weekend que je déprime, sinon ça va, largement.
J'espère vraiment que je vais tenir jusqu'au bout, je ne compte pas du tout abandonner, mais tellement de personnes abandonnent que j'ai peur que ça m'arrive quand même. Il faut à tout prix que je reste jusqu'au bout, je n'ai rien qui m'attend dehors si j'échoue, aucun projet de secours, aucun fiancé impatient que je retourne à la maison, aucun argent pour démarrer ma vie, et puis retourner à la solitude après avoir gouté à tout ça m'enfoncerais trop.


...En tout cas, je ne donnerais le mot de passe de ce livejournal à personne, comme ça avec un peu de chance dans 6 ans quand j'approcherais de la trentaine je pourrais relire ces mots! :p